• Cléa Mosaïque

Avec les enivrés, ça bifurk' !


{ Projet théâtral . Résidences } Entre Paris et Tours .

De quoi on parle ?

Les enivrés, c'est qui ?

5 comédiens, 1 metteur en scène, deux résidences d'écriture et de jeu

Les enivrés c'est qui alors ?

Yannick Gonzalez, Marianne Deshayes, Isis Ravel, Thomas Gendronneau, Marie Brugière, Angel et Nino Rocher. Ils sortent (enfin) du TNS (grande école de théâtre sur Strasbourg) et c'est Yannick pour cette fois, qui range sa casquette d'acteur afin de les guider comme metteur en scène pour ce projet d'écriture, en vue d'une pièce de théâtre.

Pour l'heure, une semaine de résidence. Puis une autre des mois plus tard. Paris, puis Tours.

J'ai été l'oreille de chat au milieu de cette sensible et intelligente fanfare ! Ces 6 comédiens en réflexion m'ont donné à voir une machine grouillante planteuse de détails qui font sens. On ne perd pas le fil même quand on bifurque... Ils brassent, survolent et empoignent des mots, des envies, des nostalgies, des images.

Semaine de résidence d'écriture à Paris

« Je n’avais pas envie que les comédiens arrivent dès le lundi. Me poser deux jours avec que ça à penser, c’était important. Puis avec Angel. Un gars qui pose des questions et qui écrit.

Après seulement nous est venue l’idée d’imaginer six personnes qui arrivent dans une ville, qui pourrait être le monde. » Yannick

« Le but était ouvert, libre et dépendant uniquement de l’expérience vécue. Mon sentiment était tout de même la nécessité d’ouvrir la question du voyage au maximum à l’idée du pèlerinage initiatique, de la quête, mais aussi à celle des petits riens qui sont des voyages ( voir texte précédent en soi). Il est joli de dire qu’on attend rien et qu’il faut ouvrir, mais il faut pour cela veiller à chaque instant, guetter l’arrivée du resserrement, de la focalisation de l’idée, de l’enterrement dans le doute, de l’idée reçue et du quiproquo, qui sont autant de pièges systématiques de la création à plusieurs. J’avais déjà commencé à écrire quelques textes en lien, selon moi, avec ces idées, tout en sachant qu’ils pouvaient être abandonnés à tout moment. » Angel

La caméra à la main, l'oeil affuté, faut les suivre !

{Extrait} Notes de coulisses Environ 14h. Exercice pour Marianne.

"Tu rentres dans l’espace et tu vois où tu as envie de te poser. Tout est permis.

L’improvisation réfléchie pendant 30 minutes se pose sur la phrase « Le ciel est de plus en plus large ces temps-ci ». Une rêverie, d’accord ? C’est comme un parcours libre."

Pendant ce temps, Yannick écrit à la table en bois. Angel est parti. Nino n’est pas là.

On frappe soudain à la fenêtre. Vous lui passerez le bonjour, c’est Quentin, sourit un autre voisin qui passe. Le calme de la rue dans ce 13e arrondissement, est propice. Propice à la respiration, aux fenêtres qui s’ouvrent et se referment, aux thés qui s’enchainent, aux croissants qui s’émiettent.

Notes de coulisses de l’oeil de chat. Je pose mon appareil. Pause, ça bouillonne.

Allaient-ils toujours se faire interrompre ? Voulaient-ils parler des gens qui passent, à tête reposée, bien tranquilles ? Pourtant, ils croisaient sans cesse des âmes qui ne demandaient qu’à errer ici, avec eux. On ne chercherait pas à donner un sens à ces allées et venues ? Depuis la discussion entre Nino et Yannick, je me demande : le passage à l’âge adulte, sans s’endeuiller de l’enfant qui est en nous, ça marche…comment ? C’est possible ? Je vois un miroir le long des murs de la ville qui gratte le ciel. Le monde c’est du bruit, des images fortes de gens qui portent des masques aussi. Des reflets, des corps, des riens. J’aime bien être ici, car il y a de l’Ailleurs. »

Une semaine de résidence à Tours

Les oreilles alertes et le corps en forme, il faut les suivre ! Quand ils ne grimpent pas aux murs, ce sont des tirades et des extraits dans tous les sens qui pulsent de leurs corps, dès le petit matin.

Et après ces semaines de résidences ?

" (...) Maintenant il va falloir, définir (Y) des systèmes et des espaces de travail à six comédiens, ce n’est pas mince affaire. J’ai le sentiment que le travail doit se faire avec tout le monde, les différents atouts, sentiments, façons de travailler, aspirations, les mondes intérieurs de chacun. Le temps doit être et demeurer notre allié. Les risques sont pour moi, à la fois de resserrer trop tôt et de laisser courir un travail dans la ronde de nos envies divergentes et divers. Notre nombre est un allié et un ennemi aussi. Notre « ouverture d’esprit » est une arme et un poison. Il ne faut pas s’enfermer dans une méthode, dans une vision du voyage, ni chercher à développer, montrer tout de nos réflexions à ce sujet.

Tout ça ce sont des mots.

Il ne suffit pas de dire.

Il faut le faire." Angel

J'ai eu la chance de tirer le portrait à chacun des comédiens des enivrés !

M E R C I .

<= Pour voir une sélection de leurs portraits

les retrouver ? Des pistes pour les curieux

Yannick Gonzalez a fait un film sur l'amitié, clic sur la caméra! Il nous en parle dans cette courte interview que j'ai réalisée en avril 2017.

Il est à l'affiche au théâtre de la Loge les 25, 26, 27 et 28 avril 2018 à 19h !

Thomas Gendronneau organise un festival les 27 et 28 avril 2018 à Moret-sur-Loing !

Suivre leur projet pour voir par quel tour de bifurk ils vont passer ?

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“ La prochaine fois, tu viens ?! “

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