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Petit portrait de Mickaël Delis • #Arts et créations


J'ai rencontré Mickaël sur les réseaux sociaux. J'ai trouvé brillantes ses vidéos "Ceci n'est pas un tuto(riel)" puis dans la vraie vie, je l'ai vu arrivé avec une amie chorégraphe, à ma première remontée sur scène pour une création de danse contact. Le hasard ? Cela m'a touché. Sa curiosité, sa plume, son propos, son humour, son énergie, je les admire vraiment. Le caractère pluriel est présent de manière singulière dans son approche, et ses propres mots le confirment, il ne résout pas et aime passionnément, il va à la rencontre de l'autre et dans son travail éprouve son époque et transmet avec pédagogie et précision. Pour moi, il explore avec joie une forme de radicalité qui donne envie ! Merci d'exister. PS : aller voir la fable écologique "Douglas et Bousier", c'est de l'élixir...




Pour entendre la version avec la voix, ouvre tes oreilles et le coeur...



Qu’est-ce qui t'émeut et te meut ?

La beauté sous toutes ses formes, plastique, physique, sensorielle, naturelle.

L’injustice quelle qu’elle soit. Sociale, politique, relationnelle, écologique, internationale.

Le plaisir aussi. A partager, à prendre, à donner.

La fragilité. La faille. La lézarde dans le mur. La peinture qui s’écaille. La table qui boite. Ça doit relever de mon goût pour le vintage et sans doute aussi de ma perplexité quasi systémique envers ce qui est trop solide, trop parfait, ou qui revendique une sorte d’équilibre indéboulonnable et monolithique. J’aime les choses et les gens qui doutent pour citer Anne Sylvestre.

Tout cela me touche et motive ma prise de parole, mon envie de mettre en forme, en mot, en lumière, en scène, tout cela attise mon envie de défendre, de magnifier, de réparer aussi. Si la création est un espace de réinvention il est aussi un lieu de réparation.



Qu'est-ce qui est au centre de ta vie aujourd'hui ?

Je peine à parler de travail tant il est souvent associé à quelque chose de pénible et/ou d’utile et dont les vacances et les week-ends seraient le seul horizon valant pour respiration. Alors je parlerai de mon activité, mes activités, qui recouvrent une masse de passions diverses. L’écriture pour commencer, nécessaire, quasi quotidienne, le jeu, la mise en scène, la pédagogie. J’ai la chance inouïe de vivre de ces passions conjuguées depuis 17 ans, c’est un privilège. A plus forte raison quand je peux choisir où se portent mes actions, et au nom de quoi j’investis mon temps et mon énergie.

J’ai besoin d’éprouver mon époque, mon microcosme, la société plus large où tout cela est englobé. J’ai besoin d’interroger ce qui nous contraint, ce qui au contraire pourrait nous libérer, déjouer les fatalismes, les impuissances supposées, débrouiller les mensonges et nuancer les pensées que ce premier quart de siècle tend à lisser et à uniformiser. Mon travail permet de faire cela. Prendre à bras le corps les questions de domination, de genre, d’exploitation, d’embrigadement, d’écologie.

Et pour cerise sur le gâteau, dans la mesure où mon travail est essentiellement nourri de ce que j’observe, je pourrai répondre que ce qui est au centre de ma vie, par capillarité, c’est l’autre, si paradoxale que cela puisse paraître si on pense à l’artiste qui dilue à l’infini le gouffre intarissable de son nombril. Le monde qui m’entoure est ma première ressource.

Et par là l’amour, parce que j’ai la chance d’aimer beaucoup et d’être aimé tout autant. L’homme qui partage ma vie, mes ami.e.s merveilleux, ma famille. Ils et elles sont mes inspirations. Et quand je ne parle pas d’elles et d’eux, ils sont la force qui me nourrit et offre de déporter le regard avec un cœur plein et disponible vers autre chose.

Cette réponse est beaucoup trop longue.



Comment prends-tu soin de toi ? C'est quoi tes ingrédients ?

Je suis un compulsif, si je ne suis pas en état de jouissance quasi permanent, je suis triste. Donc prendre soin de moi c’est être vigilant à ne ménager que (du moins au maximum) des espaces de jubilation et de partage. Alors je sature mon emploi du temps de travail parce qu’il me comble, et quand je ne travaille pas, je me gave de théâtre, de cinéma, de littérature, j’ai toujours 2 à 3 romans en cours de lecture, 15 en commande, en général pas un soir de libre en semaine, j’exige et impose aux amis des diners réguliers pour être sûr de les voir, dussions nous passer par doodle, je m’évertue à quitter Paris pour retrouver ma famille autant que faire se peut et en même temps, j’oscille avec un besoin farouche de solitude, pour écrire, composer, donner une caisse de résonnance à tout ce que j’ingère.

Il y a une certaine rigueur derrière tout ça, qui commence par prendre soin du corps qui me permet de mener mes marathons quotidiens, via le sport, la course, le vélo. Ménager cet outil à qui je dois tout. A qui nous devons tout. Et lui rendre grâce. Quant à cette hyperactivité, j’essaie de la gérer dans un flux tendu assez permanent pour éviter l’accumulation et la noyade, et par là d’organiser les semaines et les mois de façon assez martiale pour être sûr d’honorer tout ce qui doit l’être au mieux.

En guise d’ingrédient du soin, je ne pourrai pas passer sous silence l’immense bienfait de la psychanalyse à tous ces égards. J’ai eu la chance de rencontrer des thérapeutes extraordinaires qui m’ont offert de comprendre, accepter, apprivoiser ce qui pouvait effrayer.

Et puis dans cette grande tambouille qui compose mon quotidien, j’ajouterai un sentiment d’urgence vieux d’une petite décennie. La mort d’une amie chère, un cousin parti beaucoup trop tôt et les attentats sont venus bouleverser mon rapport à la temporalité.



C’est quoi ton premier souvenir autour de la thématique { Arts et Créations } ?

Ma mère dans son atelier, la terre glaise dans ses mains – j’en utilise dans certains de mes spectacles depuis quelques années – les heures à sculpter, essayer, rater, recommencer. Je me souviens son tablier bleu. Ses longs cheveux relevés en chignon. Il y avait quelque chose de très sensuel, ses doigts sur la terre, très ludique aussi. Fabriquer. Et puis cette solitude apaisée qu’elle émaillait de musique ou de radio parfois, ça me faisait déjà envie. C’est encore aujourd’hui très inspirant.

Très courageux aussi. Cette femme libre, qui élève ses enfants, seule, sans renoncer au plaisir plastique de créer. Dans la pièce que je mets en scène en ce moment il y a cette phrase de Maria Pourchet. La narratrice s’adresse à sa fille et lui dit « mon enfant tu sauras : une femme penchée sur son art c’est naturel » juste après avoir dit « Une femme penchée sur un cahier c’est un homme. C’est un homme et personne ne l’emmerde ».



Une rencontre marquante qui fait que tu en es là aujourd'hui...?

Un professeur de français et latin en seconde. Un homme totalement fou pour les élèves sages et ennuyeux que nous étions, qui était d’une liberté absolue et jouait au théâtre quand il n’enseignait pas. Il est celui qui m’a mené vers l’écriture et dans une certaine dinguerie. On travaillait sur Les Mouches de Sartre. Il fallait dégager la morale sartrienne de la pièce dans une dissertation en trois parties. Ou répondre en alexandrin à la question « Qui de Sartre ou de Camus a sodomisé l’autre ». J’avais 17 ans. J’ai fait ma dissertation. Et j’ai découvert le plaisir buissonnier du langage en déroulant dans le secret de ma chambre des alexandrins improbables sur une relation non moins improbables. Un 18 sur 20, doublé d’un affichage en salle des profs et d’un projet de publication en exergue d’un livre de cet enseignant étaient venus confirmer l’intuition d’une immense jubilation.


Qu’est ce que tu aimes raconter de ton projet ?

Je préfère inviter à le voir et le partager plutôt que le raconter, parce qu’il est protéiforme, pluriel, n’est pas le même qu’il y a 10 ans et sera encore autre dans 15. Le seul facteur commun c’est mon désir de déjouer, de jouer aussi, et mon plaisir à inviter.


La question que tu n'aimes pas que l'on te pose...

Je crois qu’il n’y a jamais aucune question qui m’énerve ou m’exaspère. Et je ne comprends pas trop qu’on puisse s’indigner d’être questionné ou dérangé par le questionnement avec les métiers que nous faisons. Même s’il y a mille façons d’adresser une défiance ou un désamour. C’est plutôt le format de la question qui pourrait me toucher, si elle est agressive, mesquine, délibérément humiliante.

En revanche de la révolte sur la misère tragique qui côtoie tous les mètres nos vies d’urbains démesurément nantis, le marché du crack et ses ravages à trois pas de chez moi, la violence ou les incivilités dans le quartier où je vis, l’inconséquence de tout un chacun quant à l’urgence climatique, là, y’a tout ce qui faut pour me faire partir très fort et très vite.



La minute révolte, pour toi c'est à quels sujets ?

Ca pourrait commencer par la fin de la réponse précédente. Et plus globalement, tout ce qui finit par le mot -phobie, qui aboutit à la violence, au rejet, à la douleur physique et morale, tout ce qui entretient et nourrit ces peurs. Même si je m’évertue à comprendre comment on en vient à développer ces mêmes peurs et ce même rejet, car si je ne fais pas cet effort je suis moi le phobe de quelqu’un, et j’alimente le cyclone du rejet.

Ça marche avec les mots qui finissent par cide aussi. Guerres, attentats, et autres boucheries écocides me foutent hors de moi.



Quels sont tes apprentissages personnels à travers ce projet de conférence poétique et de tout cet univers visuel que tu as ?

Je vais mettre un s à projet pour essayer d’envisager tout ce que je fais sous le sceau d’une certaine cohérence, même si je pourrai ne parler que du spectacle que tu as vu, "Douglas et Bousier", cette déambulation qui est une fable écolo. L’apprentissage ici c’est les vertus de la collaboration car il s’agit d’une coécriture avec Vladimir Perrin, c’est la joie de dire oui à tout ce qu’on me propose – en l’occurrence une commande pour un évènement qui était alors tout à fait hybride et qui nous a offert de produire un spectacle qui aurait pu n’être qu’une petite conférence un peu sage ; sans oublier de faire confiance à qui me propose. Julia Passot pour Utopie Point Zéro. Le seul en scène que je joue cette année ressemble aussi à ça. A la base, une carte Blanche offerte par Lucas Bonnifait et Alice Viver du théâtre de la Loge, pour une soirée, devenue 4 dates, transformé en spectacle promis à de belles choses à commencer par un Avignon cet été. Là aussi, j’ai embarqué des amis chers, Elisa ERKA, Vladimir Perrin, Clément Le Disquay, Elise Roth, mon frère jumeau, autant de regards qui viennent étoffer l’appellation seul-en-scène, laquelle mériterait à minima une astérique sinon un sous-titre du type « beaucoup en coulisse »



Qu’est-ce que t'évoque l’image de la mosaïque ?

Les petites pubs un peu à la mode dans les années 2010 où en dézoomant, tout plein de portraits de gens venaient composer l’iris d’un œil ou la planète.

Et puis le travail de ma mère, céramiste, qui était une grande admiratrice de Gaudi, que j’ai découvert en voyage scolaire en classe de première avec une émotion folle. Elle faisait des sculptures en picassiette, qui consistait à recouvrir des objets – vases, tables, sculptures – de tessons émaillés jointés par du plâtre doré. Au japon on parle de Kintsugi, littéralement jointure à l’or, qui offre de réparer des porcelaines brisées pour les rendre encore plus belle qu’à l’origine.



Si tu étais une question, tu te formulerais comment ?

C’est une question qui est une sorte de ligne directrice depuis plus de 15 ans, basique, mièvre, indispensable : est-ce que ce que tu vis, fais, produis, partage te rend heureux ? Dès que la réponse ressemble à un non déguisé, ou convoque une charrette de « mais » je sais qu’il me faut corriger mon axe, ou muscler le désir qui me fera accepter l’adversité.



Quels sont les endroits-situations où le mensonge peut s'évaporer ?

Au lit. On ne triche pas plus qu’on ne se déguise tout nu dans les bras de quelqu’un.

Sur scène. Jouer ou danser impose un rapport présent absolu et sans compromis.

Quand j’écris.

Ce sont d’ailleurs les trois espaces de lâcher prise et de bonheur les plus intenses que je connaisse. Et que je recherche avec une voracité quasi addictive.



Viens on parle cash, comment ça se passe entre l'énergie argent et toi ?

J’en ai gagné beaucoup, j’en gagne moins mais assez, je bénéficie depuis 17 ans d’un régime exceptionnel qui est celui de l’intermittence et qui, loin de suffire à Paris, assure toutefois un minimum non négligeable, je n’ai pas honte de chercher et avoir cherché à en avoir, car il est un gage de grande liberté dans le capitalisme occidental qui architecture encore nos sociétés, et je ne crois pas que l’inconfort soit un moteur si puissant que ça pour créer – l’inconfort n’est pas la contrainte entendons nous, laquelle me semble autrement plus riche. Mais crever de froid dans une chambre de bonne à bouffer du riz bouilli ne permet pas d’être libre de penser, produire et aimer. Cela créé juste une obsession : se chauffer et manger à sa faim.

Par ailleurs, l’argent peut asseoir les règles d’un engagement comme me l’a fait vérifier mon analyste. A partir du moment où la sécu ne prenait plus en charge mes séances, j’étais autrement plus présent et régulier dans le travail... De la même façon, quand je paie pour un service, un spectacle, un livre, cela implique un niveau d’attente qui stimule l’échange et engage et mon écoute et le geste de celui ou celle qui me fait venir jusqu’à lui ou elle.

Ce qui n’excuse pas les abus, bien entendu, les aberrations du mètre carré parisien, les tarifications exorbitantes – je suis toujours assez fâché contre un certain théâtre privé – il y a là encore des exceptions – et à ce titre demeure un fervent défenseur du théâtre public. Il y a fort à réguler mais c’est un truisme.

Et sans doute, je serai ravi de mettre moins d’énergie là-dedans. J’aime déjà le jour où la gratuité de mes créations ne m’empêcheraient pas de manger, qu’on invente des alternatives désirables et efficaces qui ne léseraient personne, mais le système magique tarde à venir…


Quelle place fais-tu au don dans ta vie ? Comment le vis-tu ?

J’ai bossé dans le monde associatif, beaucoup, en intervenant auprès de public en situation de handicap, de lésés cérébraux, je fais mon petit virement mensuel et symbolique à médecin sans frontière, je peux contribuer aux projets de proches via des cagnottes – même si ce système me dérange en ce qu’il est venu banaliser quelque chose d’exceptionnel et se nourrit d’une démission des tutelles et d’une lourdeur administrative désarmante. Mais, plus largement, je dirai que nombre des activités d’un comédien, d’un interprète ou d’un artiste sont bénévoles. Nos répétitions sont rarement payées, la rédaction de nos projets encore moins, les dossiers et rencontres en vue de les réaliser relèvent du même bénévolat. Il y a un temps de don, pour soi et son parcours propre bien entendu, mais aussi pour ses équipes ou pour les projets d’autres personnes – et ce don me semble inhérent à notre métier. Cela est rarement quantifié, pourtant c’est une sorte de prérequis. Si tu n’es pas à l’aise avec cette idée de donner de toi, beaucoup, longtemps - sans pour autant être exigeant et renoncer à être payé dignement - il me semble difficile d’exercer ce métier de façon réaliste. Une poignée de nantis me feront sans doute mentir, mais ils sont trop minoritaires pour faire norme.

Et puis, pour enfoncer des portes ouvertes mais qu’il convient parfois de laisser bien béantes, sur le plateau, en jeu, à ta table d’écriture, devant tes 10, 20 ou 30 élèves, si tu ne donnes pas totalement, tu ne vis rien et tu ne partages rien. Et le montant du salaire n’a plus rien à faire là dedans. Payé au chapeau, 50 ou 1000 euros la soirée, si tu n'offres pas toute ta chair, ta sueur et ton cœur à un auteur, à un public, à des partenaires, alors il n’y a pas de spectacle vivant. Il n’y pas de spectacle tout court. Il y a l’ennui, la frustration et une certaine forme de médiocrité.


● Imagine : Tu vas vivre le prochain trimestre sans carte bancaire, que ferais-tu ?

Et bien je commence par profiter de tout ce que j’ai et qui devrait me faire survivre longtemps. Puis je me mets à cultiver mes petites graines pour travailler à l’autonomie. Et en attendant que ça pousse je fais la lecture à mes voisins contre un plat de pâtes. Je me sers de mes neurones pour troquer contre ce qui pourrait manquer. Et j’explore les joies de la sobriété.

Imagine encore : Tu hérites de 40 000€, qu’en fais-tu ?

Je finis de payer mon crédit.

J’en donne une partie à mon père qui galère.

Et je fleuris mon jardin.


Si tu devais partager 3 « endroits où être » avec des porteurs de projets que tu affectionnes particulièrement ce serait...

Avec des artistes que j’admire. La compagnie de Joël Pommerat en tête, pour son rapport au travail, à l’autre, au partage. Le projet de mon frère, Volcan, qui se veut un vivier de pédagogie au service du quotidien, d’ateliers pratiques, écologiques, artistiques. Enfin, un projet qui n’existe pas encore et qui rassemblerait les comédien.ne.s avec qui je travaille, les artistes les proches, dans un lieu vaste et généreux, qui ne serait pas dans la ville, et ou la liberté alliée à l’exigence accoucheraient de rencontres toujours belles et invitantes. Une sorte de paradis créatif et récréatif en somme…



Pour suivre Mickaël Delis, lire ses partages et aller le voir sur scène, c'est par ici :

Je suis vieux. Donc Facebook.

Insta, c’est poussif, mais j’ai accepté de m’y mettre. J’ai renoncé à tout le reste. Twitter, twitch ou TikTok, c’est foutu. Et je veux pas accorder plus de temps qu’aux rares réseaux que je maîtrise à peu près et qui sont déjà furieusement chronophages. Et puis une petite intuition me dit que la décroissance ou la sobriété passeront par ces sevrages-là. Même si je suis loin loin loin du compte.

Il y a un book en ligne qui recense tout mon travail aussi. Et puis pas mal de trucs dans google si on tape mon nom. Comme ça on peut glaner selon son bon vouloir.


Actu : Sur Nantes, le 4 février a eu lieu le festival Etre un homme au Grand T, Michäel collabore avec Julia de la Turbine pour ce travail autour des Masculinités. "Cette création sonore s’attache à questionner nos imaginaires sur le sujet du genre, et propose d’ouvrir le chemin vers un futur désirable. Elle est le fruit d’une collecte de parole auprès d’élèves de 8 à 17 ans"

 




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