Entre pierres et montagnes, toi !

July 19, 2018

{ Vacances & projet patrimoine } - J'peux pas, j'ai chantier ! 

 

De quoi on parle ? 

Association, reconstruction,
patrimoine, expérience humaine forte,
partage, donner envie (de vivre)

 

 

 

 

Le chantier des forts de l’Esseillon

Association Rempart

 

 

© Cléa Mosaïque. Pour la version couleur, faudra venir jusqu'à Modane ! (Mouhahaha)

 

***

 

 

{ Conversation véridique }

Quand tu papotes vacances avec ton pote et que lui va fondre sur une plage. 

 

- Tu fais quoi toi cet été ? 

- Je vais au chantier ! Trop hâte.

- C’est quoi ça ?

 

- Super simple : celui que j’ai fait c’est aux forts de l’Esseillon. Je suis pas neutre, mais c’est magnifique ! Tu descends à la gare de Modane, dans la vallée de haute Maurienne. Là, on vient te chercher, tu poses ton sac et ton duvet dans la grande bâtisse. Et c'est que le début d'un truc...

 

- C’est pommé ton truc : c’est connu ?

 

- Check sur google, tu verras des sites et des reportages sur tout ce qu’on fait là bas : des forts en pierre, des tonnes de photos de gars et de filles avec des outils à la main et la banane surtout ! C’est une association de plus de 50 ans qui chapote de tout ça, ils font juste un taff formidable et tiennent bons. Rempart ça s’appelle. 

 

- Mais t’es pas maçon toi, tu portes des pierres ?!

 

- Bah oui ! On est supervisés par un mec qui s'y connait et l'avantage d'être un groupe c'est que tu fais des petites tâches et ça passe ! Tous les matins, de 9h à 13h et après c’est temps libre ! Autant te dire que la sieste est trop bonne. Y’a toujours des fous pour aller faire de la via ferrata ou de l’accro-branche mais bon. 

 

- C’est comme une colo quoi !

 

- Un peu, mais entre adultes ! Tu te retrouves avec des étrangers parfois. Chacun est à l’initiative des activités, sinon ça peut aussi être le refuge des flemmards tous les aprèm ! Ça dépend du groupe, des ambiances, de la météo. Mais c’est feu de camps tous les soirs, et quand j’y vais j’suis chargée du feu, t’inquiète même pas.

 

- En vacances moi je me repose, les travaux c’est relou !

 

- Y'a pas que ça, la nature tout autour est majestueuse ! Tu peux partir te balader même en solo et revenir plus tard. Puis les chantiers c’est dans la bonne humeur. Les gueletons, les picons bières et puis Manu et Thierry, faut les voir ! Les big boss qui sont là depuis le début : des personnages à rencontrer ! Puis entre nous, des vacances à 9 euros par jour tout compris qui font rigoler, les fessiers et les bras, moi je dis oui direct ! Bon mais sinon, le mieux c’est de venir, car faut le vivre. 

 

 

 

 

 

 

 

***

 

 

 

{ Mon sacré chantier }

 

« Dans mon sac à dos, je prends des vielles pompes et un short confort que j’ai plaisir à remettre même crados. Une robe légère pour la sieste sur le matelas dans l’herbe, ma chemise et un gros jogging pour le soir. Jamais sans mon bandana.  Après la sueur du chantier, tu revis presque. Les plaisirs simples et même l’ennui sonnent bien ici. Ce lieu inspire des petites histoires de gosses, des soupires et des nuits à la belle étoile. C’est une faille dans le temps. »

 

 

 

 

***

 

 

 

{ Trois petites histoires et puis s'en vont }

 

 

Le lutin 

Plus elle avançait et plus cette montagne robuste et calme semblait glisser vers elle, d'un pas irréel. Son chapeau de ciel avait aujourd'hui fumé ses plumes blanches et la multitude de petits animaux grouillait à l'unisson en son sein vert sapin. Eux avaient trouvé l'harmonie, pensa-t-elle, du haut de ses maigres jambes qui étaient bien frêles à côté de tant de force. 

Dans cette si légère course à tout, à rien, à ce petit bout de liberté, un murmure se fit entendre. 

Une tignasse brune assise bougeait la tête au rythme de ses mots bas et ne l'avait pas encore vu. Elle hésita puis comme avec prudence et politesse, car elle l'avait reconnu, le sortit de sa concentration intime et esseulée par un bruissement de chaussures. Il lui apparu un court instant comme un lutin sorti de son trou, avec une bouille qui n'arrivait même pas à être renfrognée mais plutôt sortie d'une rêverie concentrée sur l'ailleurs. Elle le dérangeait, c'était certain. Un signe de tête un peu gêné, trois plis de jean remis à la va vite et c'est en discrétion qu'il s'effaça. 

La montagne et ce coin qu'elle avait trouvé si spécial pour l'admirer, n'étaient pas là pour parer ses fantasmes de sa belle texture naturelle et étincelante. Rien autour d'elle ne lui appartiendrait et c'était désarçonnant autant que délicieux.

 

 

 

La beauté du geste

Et soudain elle la sentait sous ses doigts, comme si chaque particule de sa peau savait et pouvait maintenant s'adapter. Cette sensation, elle la sentait fragile mais assez puissante pour qu'elle dessine un sourire des plus naturels, sur la rangée de dents de la satisfaction. Elle pointe et s'adoucit, cette sensation du geste approprié qui s’améliore, glisse et manie les subtilités avec aisance et fermeté. Un geste bien fait qui te rempli de non-pensées et de cette impression d'avoir apprit un bout de savoir-faire.

 

 

 

 

Feu de joie

Autour de ce foyer venait crépiter avec impatience toutes les âmes de la communauté. Les à l'aise, les timides, les observateurs, tout un chacun cherchait le ton pour trouver sa petite place au chaud, dans son corps couvert de couches épaisses et d'énergies décidées à mettre le collectif en mouvement, dans cet unisson éphémère propre à la convivialité. Des tiroirs sortent les souvenirs de chansons communes, maintes fois répétées et que l'on redécouvre avec plaisir, en cœur et â tue tête. Des têtes, sortent les ivresses néfastes des angoisses et les volontés débordent aussitôt qu'elles s'assèchent, mélangeant toutes ces petites vies aux milles couleurs et rythmes différents. Si l'un d'entre ces êtres en pleine cacophonie harmonieuse pouvait lire sur mon visage rougit, il ne verrait que cette flemme persistante. Cette petite lueur qui danse comme pour lécher mes pensées et les faire couler calmement. Se dessine dans cette création les contours épais de cet espoir selon lequel ici, on a le droit d’être tous différents. Chacun peut faire semblant, déverser, rester là sans rien dire mais sans effort et sans beaucoup de bruit se dessine ne serait-ce qu'une seule chose en commun : un pacifiste moment présent.

 

 

 

***

 

 

 

 

J'ai le numéro direct du boss des forts, mais sinon...

Vers une critique plus officielle

Vers l'association Rempart pour trouver ton chantier 

 

 

 

 

 

 

 

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“ La prochaine fois, tu viens ?! “

  Cléa Mosaïque

 

 

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