Le Puits - Thomas Gendronneau

January 1, 2019

De quoi on parle ? 

 

Le Puits.

Adapté du roman d'Ivan Repila 

Thomas Gendronneau - comédien, metteur en scène 

Lucas Gonzalez - comédien, metteur en scène 

Thomas Bagieu - composition musicale 

Éric Génovèse - de la comédie française - voix off

et les matelots Anthony Falkowky, Pierre Gendronneau,
Antoine Bonnet et Anne-Marie Lachurié 

 

 

 

 

{ Cléa la spectatrice }

On m'a demandé mon avis sur le spectacle, le voici

 

 

 

Le puits - Théâtre de l’opprimé - 21/12/2018

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Comme dirait Alain Mabanckou, « un gamin va naitre jadis »

 

Je n’ai qu’une volonté en entrant au théâtre, c’est d’y arriver à la fois chargée, naïve, sans attente, vide.

 

Tu as vu, c’est la pleine lune ? Et sur le sol, c’est un rond immense de terre noire (de la bruyère bio, sans odeur, d’après mes sources) sous une lumière fumée qui m’accueille. Bienvenue au fond d’une planète intérieure aux basiques promesses, illusions et espoirs. Leur ridicule espace vital. 

 

Y ai-je vu deux enfants qui se débattent, qui en veulent à une mère, voire à la terre entière ? En filigrane, c’est aussi un jeu sur le détail, le symbole, le rêve, dans un costume sans époque. Une lutte entre l’abondance qui n’existe pas et la quête de l’essentiel. J’y ai senti l’écho d’une fraternité sans genre, de l’absurdité de ce que l’on placarde et enterre sur le monde, aperçu nos courses et quêtes effrénées et notre bien modeste place dans tout ce cycle vivant. Sinon, les corps peu à peu trempés dans la terre, c’est beau, corrosif, ouvert et apaisant. Pas enfantin du tout finalement. Froid et brûlant, j’ai trouvé le propos servi avec justesse par cette mise en scène épurée et le jeu de comédiens habités et bercés. Une partition osmosique, organique. 

 

 

« Jour 3. Jour 13. Jour 29... »

La voix off, on s’y raccroche comme un cartésien a une notice. Mais c’est qui ? 

Le rapport au réel ? Une voix qui vibre sur les parois minérales ou de là haut, qui les regarde se débattre ? Ou juste un des personnages parti, revenu, devenu grand ?

On sent comme le temps est long. Il dégrade, passe, reste concret, faisant surgir tout et son contraire.

 

C’est lisible et haletant. Les larmes me sont monté quand j’ai tricoté un instant avec le monde actuel qui roule des mécaniques sans dessus-dessous, avec nous dedans. J’ai alors vu comme ce puits est à l’échelle de nos vies, que ça fait mal autant que ça soulage d’imaginer une vie sans enfant, comme ce grand frère qui endosse tout seul le rôle du sacrifié. Normalement dans le monde, les grands s’occupent des petits pour qu’ils aient de quoi résister et pour ne pas qu’ils meurent, pas vrai ? « C’est notre sort à nous, les morts. Les vivants....les vivants sont comme des enfants. Ils jouent à mourir. »

 

Thomas Gendronneau le metteur en scène a choisi ses ellipses et les silences qui vont avec pour livrer un temps diffracté au spectateur. Les pages tressautent et changent de couleurs. La symbiose musicale et la courbe du rythme aident a supporter l’insupportable, sans tomber dans la fatalité exagérée d’une folie qui guetterait pour s’emparer de tout. Un bel équilibre. Les ingrédients du conte offrent une rigueur bien balancée et j’ai pris à la gorge et aux pupilles un voyage initiatique où l’air est humide comme l’orage. 

 

Le sous-texte, n’en parlons pas. Encore plus de silence ? Qu’on bascule dans une méditation, pour de bon ! « Je crois que je tombe en ruine de l’intérieur.» Attends, attends, ils nous parleraient pas un peu de taoïsme ?

 

J’ai eu envie qu’ils sortent puis que le décompte des jours s’abrège avec leurs souffrances et à la seconde d’après de rester avec eux, encore, pour comprendre, pour reprendre une gorgée sèche de cet éloge à la simplicité. Au faite, et cette dernière goutte de furie, alors ?

 

Je n’ai qu’une volonté quand je pars du théâtre : prolonger la porosité d’un débordement, qui lave les réponses toutes faites. D’en sortir agréablement vide, silencieuse. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 ACTU !

 

 

 

 

 

 

Tu peux réserver les dates, le festival La Caravelle revient les 27 et 28 avril 2019 ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers les actus de la compagnie

 

Vers une critique officielle !

 

 

CONTACT 

Compagnie La Caravelle

Thomas Gendronneau - direction artistique compagnielacaravelle@gmail.com

 

 

 

 

 

 

 

 

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“ La prochaine fois, tu viens ?! “

  Cléa Mosaïque

 

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